Dévoilement du musée au journal «Le Goût de vivre» 

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Dans la maison du journal Le Goût de vivre de Lafontaine se trouve maintenant un pan important de l’histoire franco-ontarienne. Après plusieurs mois de travail, l’équipe du Goût de vivre a dévoilé officiellement son musée, le 28 mai dernier. L’exposition, comptant plus d’une centaine d’artéfacts, raconte les cinq décennies du journal à travers les objets qui ont permis à différents auteurs de raconter une version locale de l’identité franco-ontarienne. Le lancement du musée s’accompagne de la mise en ligne de toutes les archives du journal. Toute l’histoire francophone de la région est en ébullition au Goût de vivre, et voici ce que vous ne devez pas manquer.

Hubert Théberge 

Une survie prodigieuse

            Il était une fois une plume… Né dans une classe de français de la défunte École secondaire (PSS), le Goût de vivre a toujours été le seul journal francophone de la baie Georgienne. Soeur Priscilla Maurice qui enseignait le français à P.S.S. était la fondatrice tandis que la paternité du nom revenait entièrement au père Viateur Laurin. On ignore si la bénédiction du prêtre a joué un rôle dans la longévité prodigieuse du projet, mais pour Odette Bussière, présidente du journal, c’est du jamais vu : « j’ai enseigné et je peux dire que des journaux scolaires, j’en ai vus plusieurs. Ça dure un à deux semestres et tout s’arrête. Que le Goût de vivre soit encore publié 54 ans et six déménagements plus tard, c’est carrément un petit miracle ».

            Le Goût de vivre a effectivement collectionné les adresses au cours de cinq décennies. C’est dans son domicile actuel, soit l’ancienne maison de M. Ovila et Mme Hélène  Desroches, située au 343, rue Lafontaine Ouest que le journal s’est ancré depuis 25 ans. « Même lors du dernier déménagement on a pratiquement rien jeté! On a gardé les dactylos, les Letraset (outils de montage), les imprimantes, les nombreux ordinateurs et notre table de montage de six pieds de long », explique Odette Bussière.

Derrière les 20 300 pages

            Comment monter une exposition pouvant rendre justice aux milliers d’articles créés par 15 employés et plus de 75 jeunes à travers les 20 300 pages publiées sur 54 ans? La réponse réside probablement dans le soin et le temps qu’a pris l’équipe du journal pour créer son musée. « Ça fait plusieurs années qu’on préparait et peaufinait le concept du musée, et plus de dix ans qu’on travaillait à la classification et à la numérisation de nos archives. On a presque terminé les deux en même temps », confie la présidente du journal.

            Aménagée en partie dans l’ancienne véranda de la maison, l’exposition a exigé une rénovation complète du local et cela grâce à l’appui financier de Desjardins Ontario. « On a dû refaire : le plafond et le plancher de la salle de lavage et de la véranda. Louis Maheu nous a énormément aidés pour les présentoirs, et notre spécialiste en technologie, Daniel Laurin, a créé un éclairage parfait pour l’exposition. Au final, on est fiers du résultat et on peut dire qu’on a réalisé le tout avec une toute petite empreinte écologique », explique Mme Bussière. En effet, les tablettes servant au montage de l’exposition ont été coupées par M. Maheu à la 14e concession. Il a lui-même plané et verni les planches qui ont permis de placer les objets illustrant l’épopée du périodique francophone. 

Archives

            De la crise scolaire de Penetanguishene à l’ouverture de l’école Le Caron, en passant par la toute première édition du Festival du Loup, si un événement a marqué les francophones de la région, il est presque certain que vous en trouverez des traces dans le Goût de vivre.

            Les abonnés peuvent désormais se replonger dans l’ambiance de l’époque en parcourant les archives du journal. Selon la présidente, la numérisation des plus de 20 000 pages du journal n’a pas été une mince affaire : « Ça aura pris au moins une décennie. Daniel Laurin a fait un travail colossal et a assuré la mise en ligne en collaboration avec Stéphane Belmadani le responsable de notre site web. L’important, c’est que c’est fait et que maintenant tout le monde peut retrouver facilement tous les contenus du journal.  

            Les vrais amateurs le savent : il y a un monde de différence entre lire ce que l’histoire a retenu d’un événement et parcourir les journaux d’époque. Dans le second cas, on replonge entièrement dans la période avec les expressions, le vocabulaire et la couleur lexicale du temps. Ceux qui le désirent peuvent donc retrouver l’humour, les enjeux et la chaleur de cette période en consultant les archives du journal au www.legoutdevivre.com.

Le Goût de vivre en français

            Le journal a traversé plusieurs crises depuis 1972 et est devenu, en quelque sorte, un symbole de la détermination des gens de la région à continuer de vivre en français. L’an dernier, le Goût de vivre recevait d’ailleurs le prix de Résilience remis par Réseau.Presse, le seul regroupement de journaux francophones au Canada.  Odette Bussière, Thérèse Maheu et tous les bénévoles du journal ont mis énormément de cœur dans leur projet, et c’est ce même cœur de l’identité francophone qui bat toujours dans la région depuis l’arrivée de Louis-George Labatte à la Baie du Tonnerre en 1834. Pour l’histoire complète, consultez les archives du journal…

            Le musée sera ouvert durant les heures de bureau tout l’été au 343, rue Lafontaine et l’entrée est gratuite. Un interprète sera sur place pour vous accueillir. Quant à l’accès aux archives uniquement les abonnés en règles pourront obtenir leur code d’accès en communiquant par courriel au journal: legoutdevivre@bellnet.ca.

Photo : On aperçoit: Thérèse Maheu, Jocelyn Marchildon de Desjardins Ontario, Louis Maheu, Gisèle Mellish, Simone Maurice, Rosita M. Desroches, Patsy et Martin Lalonde, Gisèle Marchand-Maurice et à l’avant: Odette Bussière, Annie Lalonde et Daniel Laurin.