Culture, francophonie, identité: «Tout est dans la rencontre»

Partagez cet article avec vos amis!

PUBLIREPORTAGE – «Tout est dans la rencontre», soutient l’Ontarienne d’origine et Acadienne d’adoption Nancy Juneau. La culture, la rencontre, les émotions sont au cœur des activités des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) et contribuent à la vitalité francophone, tant personnelle que collective. En cette 25e édition, les RVF exposent la relation intime entre la culture et le développement identitaire. 

CONTENU COMMANDITÉ PAR LES RENDEZ-VOUS DE LA FRANCOPHONIE

Enfant, Nancy Juneau, aujourd’hui présidente de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), écoutait Quelle famille et Un homme et son péché à la télévision, en famille. Pour sa part, Christine Dallaire, professeure à l’École de sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa, était de tous les comités et de tous les rassemblements scolaires ou presque. 

L’initiation à la culture, à la francophonie, pour elles, est arrivée à l’enfance. 

«C’est là que nait l’étincelle, ajoute Lianne Pelletier, stratège en communication et professeure associée à l’Université de Sudbury, en Ontario. [C’est] dans la famille ou à l’école.»

Et ça fait son bonhomme de chemin. Quelques années ont passé et Christine Dallaire a assisté au festival de musique La Nuit sur l’étang à Sudbury. Nancy Juneau aussi, puis au Festival franco-ontarien à Ottawa. Ces deux évènements ont offert des moments de découverte.

«On présente des artistes issus de nos communautés en même temps qu’on nous fait découvrir d’autres artistes», s’émerveille Nancy Juneau. Pour elle, ça a mené aussi à la découverte de son identité culturelle personnelle, croit-elle.

Les émotions vécues en étant dans une foule comptent tout autant que la découverte culturelle, note Christine Dallaire, qui étudie ces manifestations, en particulier les Jeux de la francophonie canadienne. Ces rassemblements créent des émotions fortes. Et «à l’adolescence, au début de la vingtaine, on carbure aux émotions», fait valoir la chercheuse. 

Ces émotions motivent «à revenir, à devenir bénévole ou entraineur, ou [à] continuer de travailler dans les organismes», a-t-elle constaté au fil de ses recherches. Les émotions que vivent les personnes présentes à ces évènements renforcent et perpétuent leur identité francophone, même dans une mer d’anglophonie. 

Le lien continu avec les collectivités est au cœur de l’exercice annuel de programmation des RVF. Cette année, plus de 40 organismes francophones dans 10 provinces et territoires ont reçu un appui financier pour mettre sur pied des activités culturelles pour les communautés.

Consultez le calendrier des activités

Une affaire du quotidien

Si les émotions cimentent l’identité, elles ne suffisent pas. Il faut d’autres ingrédients. La francophonie a besoin d’une base dans le quotidien, «comme l’école qui est en français, les journaux et les médias, la musique en français», ajoute Christine Dallaire. 

À ce chapitre, elle croit fortement en l’importance du sport. «C’est l’activité la plus fréquente et la plus populaire», plaide-t-elle.

Pour faire vibrer la fibre franco, il faut créer un environnement entièrement en français, et ce n’est pas toujours une mince tâche pour l’organisation : il faut penser musique d’échauffement en français, arbitres francophones, terminologie sportive en français.

Cet effort, ce choix conscient des organisations, normalise le français pour le participant en milieu minoritaire, où la masse pousse vers l’anglais. 

Consultez les profils des communautés francophones préparés par les RVF

Seuls… ou avec d’autres

À l’instar de Nancy Juneau et Christine Dallaire, Lianne Pelletier aime les rassemblements entre francophones ou francophiles. Seuls, «on peut être fiers de notre langue, de notre appartenance, dit-elle. Mais on ne peut pas être Franco tout seul.»

Adolescente, elle a été de la FESFO, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne. Cette expérience lui a permis d’ancrer son identité. «C’est là où je me rendais compte que ça existait d’être Franco-Ontarienne et que j’avais un privilège de faire partie de ce groupe-là.» 

Elle a éprouvé un sentiment semblable au contact de l’Autre, comme participante au programme Katimavik à Coaticook ou aux études à Trois-Rivières, deux villes du Québec. «J’étais l’Ontarienne. Dans ces situations-là, on [s’] assume. On voit que chez nous, on fait les choses d’une certaine façon et qu’on valorise certaines affaires», fait-elle remarquer.

Nancy Juneau a vécu une telle mise en perspective de son identité à Jeunesse Canada Monde. «J’étais avec des Philippins, des Anglo-Canadiens de partout au Canada, des Québécois, des francophones de différentes régions», se souvient-elle. L’expérience a été déterminante pour elle.

Elle a un souvenir net des moments où les francophones, peu importe leur provenance, vivaient une communion culturelle – en connaissant les mêmes chansons, en ayant les mêmes référents… Ces instants étaient magiques et marquants.

«C’est par la rencontre qu’on découvre son identité», réitère-t-elle. 

Elle revient à son univers professionnel : «Cette rencontre-là, c’est à ça que se consacrent nos membres [salles de spectacle, théâtres, festivals…] sur le terrain : créer l’occasion de rencontres en espérant allumer une flamme. Une fois que la flamme est allumée, la personne va chercher à la nourrir.» 

Les RVF et l’ONF

L’Office national du film (ONF) s’associe aux RVF depuis 2005 pour offrir des projections de film partout au pays. 

Cette année, l’ONF propose une sélection de 20 films qui peuvent être visionnés par thème ou à la carte.

Parmi la sélection de cette année, Assez French, d’Alexis Normand, l’une des porte-paroles des RVF, met en relief les combats et les victoires que comporte la reconquête de l’identité canadienne francophone dans les Prairies. L’Acadien Phil Comeau propose L’Ordre secret pour faire la lumière sur L’Ordre de Jacques-Cartier.

La sélection des films de l’ONF est disponible ici

La suite

Sur le plancher des vaches, l’offre demeure bien vivante, pour nourrir la flamme. Il y a des festivals, des rassemblements annuels, des spectacles, de la musique, des livres, des films. Après tout, la francophonie canadienne compte à la douzaine des diffuseurs de spectacles, des radios, des journaux, des maisons d’édition, des théâtres et des boites de production. 

Les francophones du pays les appuient pour le divertissement, pour la «cause» ou par gout de la découverte. Certains qui ont vécu à l’adolescence cette communion, ces émotions fortes, voudront retrouver ce sentiment.

«Tout est dans la rencontre», disait plus tôt Nancy Juneau. Et dans le plaisir, pourrait ajouter Christine Dallaire, qui a vu des centaines d’yeux briller lors d’évènements à grand déploiement