Une Franco-Ontarienne bien connue se produira à Lafontaine

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Gabrielle Goulet brille comme peu d’artistes sur la scène country-pop canadienne. L’auteure-compositrice-interprète cumule plus d’un million d’écoutes sur les plateformes numériques et caracole au sommet des palmarès des radios francophones partout au pays. L’artiste native de Clarence-Rockland sera chez nous le 20 juin prochain pour le spectacle de la Saint-Jean-Baptiste qui se déroulera au pavillon Robert-Robitaille de Lafontaine.

Artiste particulièrement généreuse, Gabrielle nous a accordé une entrevue de fond sur sa carrière, ses influences et ses racines franco-ontariennes. 

Hubert Théberge 

Comme une tonne de briques

            Si vous ne connaissez pas Gabrielle Goulet, la meilleure façon de la découvrir est bien sûr d’assister au spectacle du 20 juin. D’ici là, son immense succès country Pas plus que ça devrait vous donner une assez bonne idée de ce que la chanteuse de 33 ans sait faire.

            Dès les premières notes, c’est indéniable : Gabrielle Goulet a quelque chose de spécial. Comme chez les plus grands de la musique country, sa touche spéciale va au-delà du choix des accords et des mots. Elle réside dans l’âme de la chanson. À la fois accessibles et profondes, les meilleures pièces de la chanteuse nous séduisent par une authenticité redoutable. « Je n’écris jamais mes chansons avec l’idée d’en faire des succès. J’essaie simplement de trouver la meilleure façon de communiquer ce que je vis en musique », explique la chanteuse.

            Il semble que la recette fonctionne, car Pas plus que ça a généré près de 500 000 écoutes sur le Web, un exploit exceptionnel pour une artiste franco-ontarienne.

Aux sources de l’identité 

franco-ontarienne

            Gabrielle n’a pas toujours chanté en français. Elle considère même avoir commencé la musique sur le tard. « Avant mes 14 ans, je ne savais même pas que je pouvais chanter. J’ai eu la piqûre en 8e année quand je me suis inscrite à un cours de chant à l’école Sacré-Cœur de Bourget. Je suis une fille qui aime tout essayer, alors je me suis lancée. Je me souviens que la professeure m’avait dit : “Est-ce que tu réalises que tu sais déjà chanter?” Moi, je n’en avais aucune idée. À la fin de l’année, il y avait un spectacle devant toute l’école et mes parents avaient même un peu peur de venir me voir, car ils n’étaient pas certains du résultat. Ça s’est bien passé et depuis, je n’ai jamais arrêté. Ça va bientôt faire 18 ans que je chante », raconte l’artiste en riant.

            Gabrielle Goulet commence à écrire ses premières chansons à 16 ans et les mots lui viennent plus naturellement en anglais. « C’est dur à croire aujourd’hui, mais il faut se remettre dans le contexte du début des années 2000. J’étais une fan de musique pop. J’écoutais Justin Bieber et, à mon école primaire, on ne parlait pas vraiment des artistes franco-ontariens. Aujourd’hui, je suis contente de voir qu’il y a un réel engouement pour la musique francophone chez les élèves. Les enseignants présentent la musique d’ici aux étudiants, mais moi, je n’ai pas connu ça », partage la chanteuse.

C’est un spectacle du groupe LGS qui va tout changer. « En 11e année, l’école a fait venir LGS. J’ai trippé ben raide! L’année suivante, c’était Damien Robitaille. C’est là que mes yeux se sont vraiment ouverts à la musique franco-ontarienne et j’ai immédiatement réalisé qu’on ne la promouvait pas assez », se rappelle Gabrielle.

            Le déclic final survient à 17 ans lorsqu’elle rencontre Michel Bénac, de LGS. « Imaginez : il avait entendu une de mes chansons en anglais et l’avait adorée. Il m’a demandé si j’avais déjà essayé d’écrire en français. Je n’y avais sérieusement jamais pensé! Ça a été un point tournant parce qu’on a commencé à travailler ensemble et j’ai réalisé que je pouvais écrire de bonnes chansons en français et faire une différence pour mettre en valeur la musique franco-ontarienne. C’est après tout ça que j’ai découvert le new country et trouvé mon style. Je ne me suis jamais découragée et j’aime vraiment ce que je fais », déclare l’artiste en souriant.

L’explosion country

            La carrière de Gabrielle Goulet s’est envolée dans les années 2010, au moment même où la popularité du country-pop explosait partout dans le monde. À 18 ans, Gabrielle découvre une passion pour le new country et enregistre ses premières chansons.

            « C’est un peu fou parce que, lorsque j’étais jeune, ma grand-mère écoutait Alan Jackson et Johnny Cash, et je trouvais ça dépassé. Mais j’ai réalisé qu’elle avait du goût parce que c’est vraiment bon! Aujourd’hui, j’écoute presque exclusivement du country américain et, même si c’est en anglais, ça m’inspire pour écrire en français. »

            Deux albums, plusieurs prix, dont un Trille Or en 2015 , des dizaines de succès et des centaines de spectacles plus tard, Gabrielle Goulet demeure fortement attachée à son identité francophone. Elle est d’ailleurs la toute première lauréate du prix Francophone Artist or Group of the Year aux Ontario Country Music Awards et la première artiste francophone à se produire lors du gala provincial.

            Selon l’artiste, sa connexion avec le public franco-ontarien n’est pas étrangère au succès qu’elle a connu partout au Canada. « Moi, j’ai toujours adoré aller chanter dans les villes de l’Ontario où les francophones sont minoritaires et où les gens sont fiers de parler français. La connexion avec le public est souvent spéciale. Je reviens d’ailleurs d’un spectacle à Chapleau devant environ 40 personnes et je vous garantis que ça valait nos 12 heures de route. Il y a des gens qui connaissent mes paroles partout et je tiens à rester accessible à mon public. Si vous m’écrivez sur ma page Facebook, il y a de bonnes chances que je vous réponde! C’est un peu ça, la communauté country. On est authentiques et les gens nous connaissent davantage. Dans mon public, j’ai beaucoup de jeunes femmes dans la vingtaine qui se reconnaissent dans mes chansons. Si vous saviez à quel point ça me touche de les voir chanter toutes les paroles à presque chacun de mes spectacles. Ce n’est pas rare que des anglophones viennent aussi à mes spectacles et dansent avec tout le monde. La musique c’est un langage universel », partage la chanteuse avec émotion.

            Gabrielle Goulet s’est déjà produite dans la région et le spectacle qu’elle donnera à Lafontaine samedi prochain sera l’une des dernières occasions de la voir en Ontario avant le grand lancement de son troisième album, qu’elle fera devant des milliers de personnes au Festival western de Saint-Tite. « Les neuf chansons du nouvel album sont prêtes. Ça parle de ce que j’ai vécu dans les dernières années et ça donne des chansons douces qui s’écoutent bien parce que ma vie a justement été assez positive dernièrement. Le lancement va être un grand moment pour moi et mon band. »

            C’est avec toute sa fraîcheur et sa sincérité que Gabrielle Goulet s’amènera à Lafontaine samedi à 18 h pour les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, qui comprendront plusieurs autres activités, dont un spectacle de France D’Amour à 19 h 30.

            À l’image des convictions de Gabrielle, l’événement sera l’occasion pour tous les Franco-Ontariens présents de partager leur fierté de vivre en français. Lorsque les premières notes résonneront au pavillon Robert-Robitaille, ce ne sera pas seulement un spectacle qui débutera. Ce sera aussi la rencontre entre une artiste qui n’a jamais oublié ses racines et une communauté qui continue de faire vivre le français avec passion.

La chanteuse Gabrielle Goulet 

Crédit : gracieuseté de Production J Smile