Ophélia Miller
Derrière chaque personnage se cache un costume, mais derrière chaque costume se cache une équipe qui cherche, adapte, répare et imagine. Pour Nadine Lalonde, c’est cette créativité qui rend le travail de costumière si spécial.
Lorsqu’un spectateur s’assoit dans l’un des 121 sièges pour voir une pièce de théâtre présentée par Huronia Players, il voit les comédiens entrer en scène, mais il ne voit pas tout ce qui s’est passé avant l’ouverture du rideau. Derrière la scène, une équipe travaille sur les costumes, les accessoires, le maquillage et les changements rapides. Cette année, alors que Huronia Players célèbre son 65e anniversaire, Nadine Lalonde participera en tant que membre de l’équipe des costumes.
Nadine a commencé à s’impliquer avec Huronia Players en 2015 dans Mr. Everything, sa première expérience sur scène. Elle a décidé de se lancer sur scène parce que c’est quelque chose qu’elle a toujours voulu essayer. Quelques années plus tard, elle est revenue dans la troupe, cette fois derrière la scène. Même si elle ne sait pas comment coudre, elle a rapidement découvert qu’elle avait une autre qualité utile : trouver des idées.
Trouver le bon vêtement
Pour Nadine, choisir un costume ne signifie pas simplement trouver un vêtement qui paraît bien. Il faut réfléchir au personnage, à l’époque, à la vision de la directrice et à ce qui sera pratique sur scène.
Elle peut commencer par chercher dans les bacs de costumes de Huronia Players ou même faire des trouvailles à l’extérieur du théâtre. Nadine apporte parfois des objets qu’elle possède ou même des objets de l’Armée du Salut. Lors d’une production précédente, elle avait trouvé une barrette décorée de perles qui correspondait à la tenue. Pour elle, ce genre de moment ressemble à de la magie : une idée est mentionnée et, presque immédiatement, le bon objet apparaît.
Les accessoires occupent une place importante dans son travail. Nadine insiste sur leur importance : un chapeau, une cape, une veste ou un foulard peut changer complètement l’apparence d’un personnage. La troupe possède d’ailleurs une collection impressionnante. Nadine estime qu’elle y compte facilement 300 chapeaux. Certains accessoires sont ordinaires, tandis que d’autres sont beaucoup plus particuliers. La collection contient aussi des pyjamas, des chemises de nuit, des vêtements et toutes sortes d’objets qui peuvent éventuellement trouver une place sur scène.
Lorsque des problèmes surviennent, Nadine trouve toujours une solution ingénieuse. Comme la fois où un mannequin semblait trop plat, donc Nadine a utilisé de gros verres rouges pour donner la forme voulue au mannequin. La grande force de Nadine réside dans sa façon de trouver des solutions originales.
Des costumes qui racontent une histoire
Pour Nadine, chaque costume doit contribuer à raconter l’histoire. Lorsque la pièce se déroule dans une période historique, l’équipe doit faire des recherches sur les vêtements de cette époque. « D’après moi, on est en train de conter une histoire », explique Nadine. Les costumes contribuent à créer l’atmosphère de la pièce. Nadine compare même le costume à la cape de Superman. Selon elle, un élément bien choisi peut aider un comédien à entrer complètement dans son rôle.
Le travail continue lorsque
le rideau se lève
Le travail des responsables des costumes ne s’arrête donc pas lorsque les spectateurs arrivent. Pendant les représentations, les costumières restent derrière la scène au cas où un vêtement se brise, qu’un élément soit perdu ou qu’un comédien ait besoin d’aide. Dans une production, l’équipe a dû préparer un changement complet en seulement 30 secondes. Les trois costumières se sont entraînées ensemble avant de pratiquer avec la comédienne. Chaque geste devait être prévu : tourner, enlever un élément, placer le chapeau au bon endroit et remettre rapidement le nouveau costume.
De plus, l’équipe doit être particulièrement organisée. Les costumes sont préparés avec le nom du comédien qui doit les porter, et les chaussures, les chapeaux et les autres accessoires sont placés de façon à être facilement accessibles. Lors de la première pièce où Nadine travaillait comme costumière, elle était seulement avec une autre personne pour s’occuper de 28 comédiens et de 96 changements de costumes.
Une fois une production terminée, les costumes ne sont pas nécessairement jetés. L’équipe les lave, les répare, les range et décide lesquels méritent d’être conservés. Un inventaire est actuellement effectué afin de déterminer ce qui est encore utile. Les pièces rares ou difficiles à recréer sont particulièrement importantes. À l’inverse, un vêtement très facile à retrouver peut être vendu ou retiré de la collection s’il est trop endommagé. La troupe prévoit d’ailleurs une vente de costumes en octobre. Cela permettra de faire de la place dans la collection tout en donnant une nouvelle vie à certains vêtements.
Une nouvelle responsabilité
Le travail de Nadine continue de prendre de l’ampleur. Pour la prochaine production de «The Woman in Black», elle deviendra costumière en chef pour la première fois. Elle avait déjà été invitée à prendre cette responsabilité auparavant, mais elle ne se sentait pas prête. Cette fois, elle a accepté.
Son talent se trouve dans sa capacité à regarder un problème et à penser : « Pourquoi on ne ferait pas ça autrement ? » Pour le public, une paire de lunettes, un chapeau ou une veste peut sembler être un simple détail. Pour l’équipe des costumes, ce détail peut être ce qui transforme un comédien en personnage.
Nadine Lalonde voit au moindre petit détail!
Crédit photo: Jacquie Black