L’Ontario français à un tournant : la consultation des États généraux de l’AFO passe à Penetanguishene

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Daniel Marchildon

            Si l’Ontario français, et notamment son organisme porte-parole l’Assemblée de la francophonie (AFO), n’abordent pas dans les années à venir les questions difficiles qui touchent son déclin démographique, l’accès aux services en français et l’intégration des nouveaux arrivants francophones, son avenir n’est pas très rose.

            Ce constat, le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, l’a partagé avec la vingtaine de personnes réunies à la Clé entre 13 h et 16 h le 9 avril dernier pour lancer une rencontre, soit la deuxième d’une série de 25 que l’organisme va tenir à travers la province.  Cette tournée fait partie de la démarche des États généraux de l’Ontario français mise en branle par l’AFO pour se doter d’une nouvelle vision d’avenir et d’un plan d’action.  Elle vise à recueillir les opinions et les idées des francophones dans les communautés et alimenter les décisions que l’AFO prendra en vue d’adopter son plan stratégique lors de son assemblée générale annuelle prévue à Toronto du 22 au 24 octobre prochain.

Un Livre vert aux prévisions noires

            Après un mot d’accueil de la part de Tina-Anne Thibideau, directrice générale de la Clé, Peter Hominuk a présenté aux gens, dont la plupart étaient des employés d’organismes de la communauté, certaines conclusions qui figurent dans le Livre vert de l’AFO lancé le même jour que la rencontre à Penetanguishene. Ce document de 30 pages, téléchargeable en ligne (https://api.monassemblee.ca/wp-content/uploads/2026/04/2026-POL-LIVRE_VERT-EGOF-1.pdf) : « (…) rassemble les principaux constats issus du portrait initial et de la phase de co-construction menée auprès de plusieurs secteurs, comités et espaces de concertation ». Il souligne qu’en 2021, l’Ontario comptait 652 540 francophones, soit 4,6 % de sa population. Or, même si la communauté a continué de croître en nombre, son poids démographique a diminué de presque un pour cent depuis 1991. 

Plus de décès chez les francophones que de naissances

            Selon le rapport « Étude démographique et projections de la population francophone en Ontario » commandé par l’AFO auprès de Brynaert et Brennan, on prévoit, entre 2025 et 2050, environ 153 000 naissances francophones, contre 224 000 décès. Ainsi, l’accroissement naturel de la francophonie ontarienne serait négatif. Le même rapport avance qu’entre 2025 et 2050 il faudrait que l’Ontario accueille plus de 576 000 personnes d’expression française issues de la migration internationale pour que le poids démographique francophone de la province atteigne 6 %. La très grande majorité de ces nouveaux arrivants choisit de vivre dans les grands centres urbains et non dans les régions.

            Autre observation inquiétante, le taux de transmission du français d’une génération de francophones à l’autre se situerait en moyenne à 67,1 %.

Quatre vastes chantiers de réflexion et d’action

            C’est donc en fonction de la réflexion que la francophonie ontarienne doit faire, d’une part, pour trouver comment intégrer les nouveaux arrivants afin qu’ils puissent s’identifier à la collectivité francophone de la province et décider d’y rester et, d’autre part, assurer l’expansion des services en français pour la population actuelle et à venir, que Peter Hominuk a invité les participants à la rencontre de se pencher sur quatre chantiers.  Ainsi, les gens se sont mis en petits groupes pour brasser des idées et suggestions par rapport aux thèmes de : l’Immigration et le sentiment d’appartenance, les Services en français, la Structure et coordination et la Gouvernance.  Chaque groupe a noté ses idées qui ont été remises aux organisateurs.

            Les suggestions cueillies au cours de cette série de rencontres qui se poursuivra jusqu’en juin seront intégrées dans un Livre blanc. L’assemblée générale annuelle de l’AFO se penchera sur ce document pour arriver à établir un plan stratégique et des plans d’action régionaux et sectoriels qui guidera l’organisme jusqu’en 2029, soit la dernière étape du processus des États généraux de l’Ontario français.

Une tournée de 25 communautés

            L’équipe de l’AFO est partie de cette rencontre de trois heures avec des notes produites par chaque groupe. Bien qu’il soit difficile de dire à ce stade comment ces consultations finiront par nourrir le processus et ce qu’il en ressortira, cette tournée provinciale servira à tout le moins à sensibiliser dans une certaine mesure l’AFO aux réalités variées des diverses communautés francophones de la province.

            Après Aurora et Penetanguishene, la tournée devait se poursuivre entre autres à : Windsor, Chatham-Kent, Sarnia, London, Mississauga, Alexandria, Cornwall, Hawkesbury, Kingston, Niagara, Toronto, Ottawa, New Liskeard, Sudbury, Hearst, Kapuskasing et Timmins.

            Même si on ne participe pas à une rencontre, il est toujours possible de soumettre des idées à l’AFO à travers l’espace participatif des États généraux de l’Ontario français : https://notreplace.monassemblee.ca/topics/44395/feed ou encore en communiquant avec Tina-Anne Thibideau, directrice de la Clé.

Dans le cadre des rencontres de consultation, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario s’est arrêtée à Penetanguishene, le 9 avril dernier. Des membres de la communauté ont répondu à l’invitation afin de participer à cette rencontre au cours de laquelle ils ont réfléchi aux différents enjeux rencontrés au sein des communautés francophones de l’Ontario. On aperçoit à l’avant plan, Peter Hominuk directeur général de l’AFO qui en était à la deuxième rencontre de cette tournée qui se rendra dans 25 communautés de toutes les régions de l’Ontario français. Photo: Courtoisie AFO