Apicultrices en herbe recherchées

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            Pour les résidents de la Huronie qui aiment se sucrer le bec, la région regorge de ce genre de produits. La fin de l’hiver annonce le temps des sucres et la production du sirop d’érable. Le printemps quant à lui amène le renouveau du travail de l’apicultrice qui produit un délicieux élixir; le miel.    

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Annique Maheu

IJL – Réseau.Presse – Le Goût de vivre

Une affaire de famille

            Denise Graham, apicultrice de Wyebridge a une passion pour les abeilles et la production apicole. Jeune enfant, elle baignait dans l’entreprise familiale, Bonnie Bee, qu’avaient mise sur pied ses parents. Le commerce dessert la région en miel depuis le début des années 1980. 

            « Pour mon père, le tout a commencé comme un passe-temps. Depuis le début, j’ai toujours été impliquée d’une manière ou d’une autre durant mon enfance. J’étais toujours intéressée aux abeilles » affirme Mme Graham.

            Le Marais Wye était à la recherche d’un apiculteur ou une apicultrice qui pourrait s’occuper des colonies d’abeilles et des deux ruches de l’endroit. C’est donc là que le tout s’est concrétisé.

            « Mon intérêt en apiculture a vraiment commencé au marais lorsque j’ai décidé de prendre cette responsabilité. À l’époque je ne savais pas tout ce que je devais faire pour l’entretien des abeilles au cours de chaque saison. J’avais beaucoup à apprendre » partage Mme Graham.

            C’est alors que Mme Graham a puisé des connaissances de son père, Joe DeVillers de l’entreprise Bonnie Bee. « Mon père m’a tellement aidé, et j’ai appris beaucoup de choses sur l’apiculture. C’est grâce à son aide et avec différents essais que j’ai vraiment développé un intérêt pour les abeilles. En étant la personne responsable des abeilles au Marais Wye, j’étais vraiment fière d’avoir appris tout ce qu’il fallait pour m’occuper de ces abeilles » affirme Mme Graham. 

            Aujourd’hui, Mme Graham travaille au sein de l’entreprise familiale Bonnie Bee Honey et représente la relève pour l’avenir du commerce. 

Un vent de changement

            Dans sa quête de toujours en apprendre davantage sur le domaine, Mme Graham a vite remarqué que les forums d’information sur l’apiculture et les regroupements de professionnels en apiculture étaient largement dominés par les hommes. 

            Melanie Kempers, directrice générale de l’Association «Beekeepers» de l’Ontario, souligne le fait que le travail apicole est pour tous, peu importe le genre.

            « Notre organisme ne fait pas la collecte de données sur le genre des membres de notre association. Nous reconnaissons la diversité des apiculteurs en Ontario et avons spécifiquement ajouté un énoncé sur l’importance de l’inclusion dans les valeurs de l’association » affirme Mme Kempers. 

            Mme Kempers partage toutefois des anecdotes de commerçants qui ont remarqué que la clientèle féminine est en hausse.  

            « Les commerçants affirment que plus de femmes recherchent des produits et de l’équipement apicole adapté aux femmes. Malgré le fait que l’activité apicole est inclusive, certains aspects ne rejoignent pas les besoins de tous. Par exemple, les vêtements d’apiculteurs ne sont pas faits pour les tailles moyennes des femmes » affirme Mme Kempers. 

Lady D’s Bees à la tête du renouveau

            En 2018 Denise Graham a lancé son entreprise Lady D’s Bees pour créer quelque chose selon ses préférences. « Il y a beaucoup d’hommes qui sont apiculteurs. Avec Lady D’s Bees, je voulais apporter un côté féminin à la présence de l’entreprise. Le monde de l’apiculture est très masculin » affirme Mme Graham. 

            Lady D’s Bees offre des ateliers éducatifs sur les abeilles en anglais et en français, ainsi que la vente de produits dérivés du miel et de la production apicole. Présente aux marchés locaux et festivals de la région, le kiosque de Lady D’s Bees offre des produits pour le corps, des bijoux, des chandelles en cire d’abeille, des emballages d’aliments faits avec de la cire d’abeille ainsi que le miel de Bonnie Bee Honey. 

            « J’ai plein de recettes et d’idées en tête que je veux essayer d’ajouter aux produits Lady D’s, dont l’hydromiel, une boisson faite d’eau et de miel, souvent fermentée»  affirme Mme Graham.

            Mme Graham souligne que différents regroupements, dont « Women in Beekeeping », ont pris essor dans les dernières années afin d’appuyer les femmes apicultrices. « C’est un milieu accueillant où nous pouvons poser des questions dans un environnement respectueux. Là il n’y a aucun jugement sur vos connaissances et habiletés apicoles » constate Mme Graham.

Appui pour apicultrices en herbe

            En Ontario, l’Association Beekeepers située à Guelph qui est la plus ancienne association dans ce domaine a le mandat de défendre les intérêts des apicultrices et apiculteurs, d’appuyer la recherche sur la santé des abeilles et d’offrir de l’information et de la formation en apiculture. « Depuis septembre 1881, l’objectif de l’organisme est d’aider les apicultrices et apiculteurs peu importe le besoin. Nous nous adaptons au fil du temps et offrons des services qui répondent aux besoins des apicultrices et apiculteurs » affirme Mme Kempers. L’association collabore avec la Fédération de l’agriculture de l’Ontario, le Conseil canadien du miel et d’autres organismes provinciaux et fédéraux afin d’être à l’affût des enjeux et besoins en apiculture. 

            Dans la Huronie, Lady D’s Bees et Bonnie Bee offrent la vente de colonies d’abeilles aux apiculteurs et apicultrices à l’arrivée du printemps. Mme Graham souligne que les apicultrices et apiculteurs en herbe désirant en apprendre davantage sur le travail apicole peuvent participer aux ateliers annuels sur l’apiculture au Marais Wye ou communiquer avec Lady D’s Bees et Bonnie Bee Honey pour leurs services éducatifs et d’accompagnement.

Photo: Denise Graham de Bonnie Bee Honey et Lady D’s Bees devant un essaim d’abeilles. Crédit : Michael Graham