«Tant à dire! Tant à écrire!» Rosita Musique

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            Rosita M. Des Roches est née Maurice. Son père, Gérard, et sa mère, Hortense Lespérance habitaient le P’tit Québec (banlieue de Lafontaine) quand ce cinquième poupon fait son entrée. L’élan se poursuivra pour cinq autres naissances. Rosita est donc en plein milieu du peloton. 

Le foyer battait déjà la mesure puisque maman Hortense jouait l’accordéon à pitons. Ce talent, elle en a hérité de la grand-mère Mary Jane (Mayer) Lespérance qui, au souvenir de Rosita, était particulièrement douée. Du côté des Maurice, Gérard père jouait le violon et touchait parfois l’accordéon. Ajoutons le piano et l’orgue au portrait de famille et nous avons le contexte idéal pour l’évolution d’une Rosita qui dominera la gamme de toutes les sphères d’une vie tellement remplie.

            Élève brillante, on l’envoie au couvent à Glen Nevis, près de Cornwall. Difficile de quitter le foyer quand on n’a que douze ans. Heureusement, il y avait les copines et la cousine Albertine. Elle y restera qu’une année car l’ennui des siens la rongeait tout rond. Elle poursuit sa dixième année à l’illustre Lafontaine Continuation School.

            C’était écrit dans le ciel qu’elle deviendrait enseignante. Enfant, son jeu préféré c’était jouer à l’école. Même seule, elle se voyait devant la classe à partager ses connaissances. On dit que quelqu’un qui réalise ses rêves d’enfants a réussi sa vie. La trajectoire est claire et Rosita suivra son étoile au grand bénéfice de tous.

            Comme il se doit, Rosita s’inscrit à «l’école normale» de l’Université d’Ottawa avec ses bonnes amies, Thérèse (Moreau) Boileau et Yvonne Maurice. Elle n’a que seize ans. Étonnamment, un mois après son entrée, elle voulait quitter sa vocation pour travailler au gouvernement. Cet égarement ne sera que temporaire. En 1958, l’ère moderne bat son plein et les boomers sont au sommet de leur gloire. 

            À son retour, on lui confie sa première classe à l’école Ste-Croix de Penetanguishene; il s’agit d’une classe de vingt-six filles dont Charlotte Walker et Nancy Robillard. C’était avant les aides-enseignantes. Pour sa deuxième année, une quatrième avec trente-sept élèves. À l’aube des années soixante, elle touchait 250$ par mois. 

            Le coût de la vie reflétait ces gages. Ainsi elle achète son premier véhicule de son oncle Urbain Maurice. Un beau Buick 58 pour 700$! C’est en ce début de carrière, qu’elle rencontre son homme, Gérald Des Roches de l’Île-Du-Prince-Édouard, venu dans la région pour travailler. Quand on habite Lafontaine et qu’on a des roues, l’attrait de Midland avec ses restaurants est incontournable. Une bonne frite et une liqueur vous permet de faire de belles rencontres. Quand elle a zieuté le beau Gerry pour la première fois, il lui a tout de suite tombé dans l’œil. 

            Sans trop attendre, il lui tombera aussi dans les bras. Après les noces, en février 65, ils fondent une belle famille de six enfants : Christine, Dominique, Conrad, Anne décédée à la naissance, Serge et Adrien. 

            Dans sa carrière d’enseignement, l’année 1968 marque un grand changement. Le ministère instaure un nouveau programme de musique. Est-il surprenant que Rosita Musique devienne la première titulaire de ce nouveau poste à Lafontaine et Perkinsfield? Elle qui accompagne déjà les élèves du Cercle littéraire mensuel, les chorales et qui organise de nombreux Cafés-chantants. 

            Précisons que lorsque l’on dit «nouveau programme», il n’y en avait pas vraiment. C’était plutôt : «fais ce que tu peux». Rosita était une habituée de ce concept et La bonne chanson devient l’outil de prédilection pour tous les niveaux. Troupieau, troupieau, vogue, vogue et l’alouette résonnent encore dans le cœur de plusieurs élèves qui ont profité du plaisir qu’elle a suscité. 

            Cette carrière bien remplie culmine vers un poste pour le conseil scolaire où elle deviendra conseillère pendant deux ans. En 1995, elle prend une retraite bien méritée après trente-sept ans de carrière. Veuve depuis deux ans, sa vie se tourne vers l’implication communautaire. Elle a toujours pris part dans les activités tels que les bazars où elle participe activement aux soupers de poulet. Activité qu’elle reprendra plus tard pour son club d’aînés. Faut voir les albums souvenirs du club 50+ pour constater le plaisir débordant de ces activités et voyages. Encore, elle s’occupait de son monde. Bientôt, elle rencontre son compagnon et complice depuis vingt-et-un ans. Al McMaster partage ses rêves et l’épaule quotidiennement sans compter ses heures de bénévolat au Villageois.

            Vers la fin des années 90, elle partage une vision avec Raymond DesRochers. Directeur d’un organisme de développement économique communautaire, CALDECH, en 98 Raymond vient lui demander d’identifier les besoins de la communauté. 

            Rosita, avec son sixième sens, n’hésite pas à pointer les efforts vers un musée. Un projet à l’école Ste-Croix de Lafontaine évoque le potentiel communautaire d’un musée à Lafontaine. Les efforts pour un musée physique n’aboutiront pas faute d’intérêt de tous les paliers gouvernementaux. 

            Dans cette même période, Rosita exprime le besoin d’appartements pour les retraités qui ne veulent pas quitter Lafontaine. S’ensuit une très longue litanie de consultations, de demandes d’appui financier, de stress, d’anticipation, de déceptions pour aboutir à la première pelletée de terre du présent Villageois en 2007.  Rosita Musique vit son bonheur au Villageois du haut de cette vue magnifique : «On est bien. Je suis chez-nous à Lafontaine. Et je parle la langue que je veux.» 

            Une vie tellement remplie qu’il est étourdissant d’essayer de concevoir que plusieurs de ces exploits se sont produits dans la même période. Rosita Musique c’est une symphonie riche et harmonieuse. Longue vie à ton œuvre, Rosita !

Joëlle Roy

On retrouve la famille Des Roches: en avant: Christine, Serge et Adrien; au milieu: Dominique, et Conrad; en arrière: Gerry et Rosita.